The Wave (Bølgen), Roar Uthaug

Que se passe-t-il quand le réalisateur du reboot de Tomb Raider fait appel à deux des acteurs norvégiens les plus talentueux de leur génération ? Un raz-de marée dans la production nationale bien sûr !

Si, pour vous, la Norvège rime avec qualité de vie, fjord idylliques, et touristes, vous n’allez pas être déçus par The Wave (Bølgen).
Comme d’autres films catastrophes norvégiens, The Wave se base sur des faits authentiques. Mais contrairement à Pax, le film catastrophique (avec déjà Kristoffer Joner), qui relatait un authentique presque crash d’avion, le nouvel opus de Roar Uthaug (Cold Prey, Dagmar : L’Âme des vikings) anticipe un drame annoncé depuis plusieurs décennies.

Interpréter la trace

Comme Les Révoltés de l’île du Diable – et certains films de Knut Erik Jensen – The Wave débute par une succession d’images d’archives. Le témoignage historique, factuel, informe les spectateurs que le fjord de Geiranger a déjà été la victime de vagues destructrices et que ce n’est qu’une question de temps avant que cela ne se reproduise.

Le drame se déroule donc entre le spectre de la catastrophe passée et l’anticipation de celle à venir.

Cette parenthèse entre les souvenirs d’antan et les signes du futur proche est représentée à l’écran par Kristian (Kristoffer Joner). Sismologue dont la carrière est aussi entre parenthèses – à cause de son déménagement imminent, il quitte son poste dès le début de The Wave – Kristian est un homme du passé et de la prédiction qui va devoir apprendre à agir au présent.
Ses observations, connaissances, archives en tout genre vont devoir s’actualiser s’il veut résoudre les multiples crises qui traversent sa vie.

Kristian est un homme passif, passager des véhicules et héros de micro-événements banals (boire une bière, manger une part de gâteau), paralysé par son savoir, contrairement à sa femme, Idunn (Ane Dahl Torp) qui est elle une femme d’action (on a envie de dire comme dans tous les films de Roar Uthaug).

Une histoire de renaissances

Avant la catastrophe, le film photographié par l’excellent John Christian Rosenlund présente la Norvège des clichés : lumineuse, minérale, avec ses camaïeux de bleus et de verts. Puis quand la vague s’abat, Geiranger découvre une autre réalité, sombre, humide, où le métal et des débuts d’incendie ponctuent le cadre. A partir de ce moment, les renaissances symboliques se multiplient. Des espaces se remplissent d’une eau rappelant le liquide amniotique. Il faudra percer des poches pour renaître encore et encore, traverser le monde des morts et mourir peut-être un peu.

Idunn, associée à l’indépendance du fils adolescent du couple, Sondre (Jonas Hoff Oftebro), qui d’habitude, met le travail entre elle et sa famille et qui gère les flux de touristes avec autant de facilité qu’elle joue les plombières, va être mise au défi par la nature.
Kristian, associé à l’enfance et à la douceur de la fille du couple, Julia (Edith Haagenrud-Sande), va, à cause de, ou grâce à une vague monstrueuse, tenter de reconquérir sa place d’homme et de père.

The Wave est un film catastrophe classique, qui malgré un symbolisme un peu trop évident, ravira le grand public et les fans de Ragnarok. Sortie dans les salles françaises le 27 juillet 2016.