Détour (Snarveien), Severin Eskeland

Partis en Suède pour acheter de l’alcool pas cher en vue d’un mariage, deux Norvégiens se retrouvent perdus au milieu de la forêt.
Ils n’auraient jamais dû faire de détour.

Sortir du droit chemin

Dans les films d’horreur forestiers habitent toutes sortes de monstres. La huldre, le troll, le fantôme, la sorcière etc… sont des créatures rencontrées dans les rares films d’épouvante nordiques depuis les années cinquante. Ils incarnent la menace ultime dans une société où les humains se sentent étrangers à la nature.
Digne héritier de Villmark et de Manhunt, Détour aborde cependant le genre sous un angle nouveau.

Aux histoires fantastiques et clins d’œil aux slashers des années soixante-dix – à la façon de Manhunt et Cold Prey 3Severin Eskeland préfère l’horreur plausible. Décrit comme « thriller horrifique », Détour n’enferme pas un couple dans un espace déconnecté du temps à la Brigadoon, mais catapulte deux héros naïfs dans une histoire de fou proche de Massacre à la tronçonneuse.

Contourner la loi

Se rendant dans l’ouest de la Suède pour acheter de l’alcool bon marché – pratique sévèrement punie par les autorités – un couple fait l’expérience des écarts entre loi, justice et morale. Ainsi, ils réalisent que toute loi n’est pas juste, que la justice est aveugle quand il s’agit de morale, et que la morale sera toujours plus forte que les menaces de la loi.

Comme dans de nombreux films norvégiens, l’abus d’autorité lié à un uniforme est mis en perspective. Surtout quand le-dit uniforme est porté par un Suédois – ce qu’illustrait déjà, dans le genre du polar, Insomnia. Et bien sûr, dans un monde régi par une justice injuste, la morale et l’instinct de survie auront raison de l’uniforme et de lois trop rigides.

Sans détourner les yeux

Les regards des personnages, dirigés vers le hors champ, plongent les spectateurs dans l’attente permanente. Qui donc représente la plus grande menace au milieu de cette forêt dense ? Qui filme la forêt ? Et pourquoi ?

Au bord de la civilisation, la forêt suédoise abrite des psychopathes, des sadiques, des individus prêts à torturer et filmer leurs crimes pour satisfaire les pulsions morbides de clients connectés à l’autre bout du monde.

Et même si plusieurs ressors dramatiques incohérents plombent la narration du film de Severin Eskeland, Snarveien est un film d’horreur norvégien valant largement le détour.

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