Avant The Wave : 5 films catastrophes norvégiens

Vous avez pu lire ici ou que The Wave était le premier film catastrophe norvégien. Cette affirmation, digne des adeptes du marketing le plus accrocheur, est bien sûr fausse. Non, l’opus de Roar Uthaug n’est pas le premier film catastrophe norvégien. En voici la preuve.

Mais qu’est ce qu’un film catastrophe ?

Un film catastrophe est un film dans lequel des personnages tentent de survivre à une catastrophe naturelle ou technologique. Sans surprise, c’est un schéma narratif qu’on retrouve à partir des années soixante-dix, décennie de la crise pétrolière et autres joyeusetés. En témoignent L’Aventure du Poséidon (1972) ou La Tour infernale (1974).
En Norvège, le film catastrophe apparaît précisément à la même période, via le biais de la science-fiction.

Au début était la dystopie

La dystopie norvégienne, à l’écrit, comme à l’écran, a été le premier sous-genre à utiliser le thème de la survie après la catastrophe. On notera que deux des films catastrophes emblématiques du pays sont des adaptations de récits nés de l’imagination de Knut Faldbakken :Oss (1976) de Laila Mikkelsen – traitant de la survie en milieu rural après une catastrophe économique et écologique – et Sweetwater (1988) de Lasse Glomm – se déroulant dans un futur où l’eau douce et la nourriture se font rares.

Dans ces deux films sortis à une dizaine d’années d’intervalle, il est question d’un monde chamboulé par la pollution, la misère et l’anarchie.

Deux ans après Sweetwater, film dans lequel joue déjà Petronella Barker, sort Havet stiger, littéralement « La Mer monte ». Cette fois encore, l’action se déroule après une catastrophe qu’on devine nucléaire. L’actrice Petronella Barker (Norway of life) y interprète Susanne – une Cassandre, version sombre de la Maria de Metropolis (1927).

Petronella Barker dans le film catastrophe norvégien Havet stiger (1990) de Oddvar Einarson

Puis vinrent les catastrophes humaine & écologique

Après 1990, la dystopie s’efface pour laisser la place à d’autres genres et il faut attendre deux décennies pour voir à nouveau des films catastrophes en Norvège. Cette fois, ce ne sont plus les guerres et les catastrophes économiques qui sont les déclencheurs de situations extrêmes mais les accidents écologiques et techniques. Parfois sur un ton léger.

Ainsi, Mennesker i solen (2011) de Per-Olav Sørensen d’après un texte du Suédois Jonas Gardell, est une comédie sur la fin du monde dans laquelle Ane Dahl Torp tient un des rôles principaux. Pluies de comètes, glissements de terrains et désastres en tout genre s’enchaînent pendant ce film apocalyptique.

La même année, on retrouve Ane Dahl Torp dans Pax, le film catastrophique – soporifique plus que catastrophe – d’Annette Sjursen. Le film choral relate le voyage tourmenté des passagers d’un avion victime d’une avarie. Au casting de ce scandinavet, lointain cousin du film catastrophe Airport (1970), figure également Kristoffer Joner.

Donc, non, The Wave n’est pas le premier film catastrophe norvégien. Et même pas le premier film catastrophe norvégien avec Ane Dahl Torp et Kristoffer Joner. Il est par contre le premier film catastrophe norvégien distribué en France. Ce qui fait quand même une sacrée différence.

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